Mis à jour en 2026

Tableau Comparatif des
Statuts Juridiques d'Entreprise

Micro-entreprise, EI, EURL, SARL, SAS ou SASU ? Comparez en un coup d'œil les caractéristiques essentielles de chaque forme juridique pour faire le choix le plus adapté à votre projet entrepreneurial.

Entrepreneurs comparant différents statuts juridiques pour leur entreprise

Pourquoi comparer les statuts juridiques est essentiel ?

Le choix du statut juridique est l'une des décisions les plus structurantes pour tout créateur d'entreprise en France. Il détermine votre régime fiscal, votre protection sociale, votre responsabilité personnelle, vos obligations comptables et même votre capacité à accueillir des associés ou à lever des fonds. Pourtant, face à la multiplicité des formes juridiques disponibles — micro-entreprise, entreprise individuelle (EI), EURL, SARL, SAS, SASU — beaucoup d'entrepreneurs se sentent désorientés.

Ce guide comparatif a été conçu pour vous offrir une vision claire, exhaustive et pédagogique de chaque statut juridique. Que vous soyez freelance, artisan, commerçant, profession libérale, ou porteur d'un projet ambitieux avec plusieurs associés, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour orienter votre choix de manière éclairée.

Notre objectif : vous permettre de comprendre les différences fondamentales entre chaque forme juridique en moins de 10 minutes de lecture, puis de valider votre choix grâce à notre simulateur interactif de statut juridique qui vous guide étape par étape en moins de 5 minutes.

Les 6 statuts juridiques en un coup d'œil

Découvrez les caractéristiques principales de chaque forme juridique avant d'entrer dans le détail.

Micro-Entreprise

Le statut le plus simple pour démarrer. Idéal pour les activités générant un chiffre d'affaires limité. Formalités réduites, comptabilité simplifiée, charges calculées sur le CA réel.

1 personne IR uniquement TNS Plafonds CA

Entreprise Individuelle (EI)

Statut d'entrepreneur individuel sans personnalité morale. Patrimoine protégé depuis la réforme de 2022. Pas de capital social requis.

1 personne IR (option IS) TNS

EURL

SARL unipersonnelle : une société avec un seul associé. Capital libre, responsabilité limitée aux apports. Cadre juridique bien encadré.

1 associé IR ou IS TNS (gérant)

SARL

La société à responsabilité limitée classique. Idéale pour les projets familiaux ou PME avec 2 à 100 associés. Cadre juridique rigide mais protecteur. Le gérant majoritaire relève du régime TNS.

2 à 100 associés IS (option IR 5 ans) TNS ou Assimilé salarié

SAS

La société par actions simplifiée est la forme juridique préférée des startups et investisseurs. Grande liberté statutaire, pas de nombre maximum d'associés, facilité de levée de fonds et de transmission.

Le président est obligatoirement assimilé salarié, offrant une meilleure couverture sociale mais des cotisations plus élevées.

2+ associés IS (option IR 5 ans) Assimilé salarié Grande flexibilité

SASU

Version unipersonnelle de la SAS. Parfaite pour l'entrepreneur solo souhaitant le statut d'assimilé salarié et une grande souplesse dans l'organisation.

1 associé IS (option IR 5 ans) Assimilé salarié

Tableau comparatif détaillé

Retrouvez dans ce tableau synthétique l'ensemble des critères essentiels pour comparer les six principaux statuts juridiques en France.

Critère Micro-Entreprise EI EURL SARL SAS SASU
Nombre d'associés 1 (entrepreneur) 1 (entrepreneur) 1 associé unique 2 à 100 2 minimum, pas de max 1 associé unique
Personnalité morale ❌ Non ❌ Non ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui
Capital social minimum Aucun Aucun 1 € symbolique 1 € symbolique 1 € symbolique 1 € symbolique
Responsabilité Limitée au patrimoine pro
(depuis 2022)
Limitée au patrimoine pro
(depuis 2022)
Limitée aux apports Limitée aux apports Limitée aux apports Limitée aux apports
Régime fiscal par défaut IR
(forfait micro-fiscal)
IR
(réel simplifié ou normal)
IR
(option IS possible)
IS
(option IR 5 ans max)
IS
(option IR 5 ans max)
IS
(option IR 5 ans max)
Régime social du dirigeant TNS
(micro-social)
TNS TNS
(gérant associé unique)
TNS si gérant majoritaire
Assimilé salarié si minoritaire/égalitaire
Assimilé salarié
(président)
Assimilé salarié
(président)
Obligations comptables Très simplifiées
(livre de recettes)
Comptabilité complète
(bilan, compte de résultat)
Comptabilité complète Comptabilité complète Comptabilité complète Comptabilité complète
Rédaction de statuts ❌ Non ❌ Non ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui
Publication d'annonce légale ❌ Non ❌ Non ✅ Oui (~150 €) ✅ Oui (~150 €) ✅ Oui (~200 €) ✅ Oui (~140 €)
Coût moyen de création 0 € (gratuit en ligne) 0 à 25 € 200 à 800 € 200 à 800 € 250 à 900 € 250 à 900 €
Durée de vie Illimitée Illimitée 99 ans (renouvelable) 99 ans (renouvelable) 99 ans (renouvelable) 99 ans (renouvelable)
Transmission / Cession Vente du fonds de commerce Vente du fonds de commerce Cession de parts sociales
(agrément)
Cession de parts sociales
(agrément obligatoire)
Cession d'actions
(libre sauf clause)
Cession d'actions
(libre sauf clause)

💡 Faites défiler horizontalement sur mobile pour voir l'ensemble du tableau.

Simulateur rapide : Quel statut pour vous ?

Répondez à 5 questions simples pour obtenir une recommandation personnalisée de statut juridique.

Question 1/5 20%

Souhaitez-vous entreprendre seul ou à plusieurs ?

Ce critère détermine les formes juridiques qui vous sont accessibles.

Seul

Sans associé

À plusieurs

Avec des associés

Quel est votre chiffre d'affaires annuel prévisionnel ?

Le montant conditionne l'accès au régime micro-entreprise.

Moins de 77 700 €

Services / libéral

Moins de 188 700 €

Commerce / achat-vente

Au-delà des seuils

Activité importante

Quel régime social préférez-vous ?

Le régime social impacte vos cotisations et votre protection.

TNS (Travailleur Non Salarié)

Cotisations plus faibles (~45%), protection de base moindre, possibilité de compléter avec Madelin.

Assimilé salarié

Cotisations plus élevées (~65-80%), meilleure couverture retraite et maladie, régime général de la Sécurité sociale.

Pas de préférence

Je souhaite que le simulateur prenne en compte les autres critères prioritairement.

La protection de votre patrimoine personnel est-elle prioritaire ?

Souhaitez-vous une séparation stricte entre vos biens personnels et professionnels ?

🛡️ Oui, c'est essentiel

Je veux protéger mon patrimoine au maximum

🤷 Non, pas forcément

Ce n'est pas mon critère principal

Qu'est-ce qui compte le plus pour vous ?

Votre priorité entre simplicité de gestion et potentiel de croissance.

✨ Simplicité maximale

Peu de formalités, comptabilité allégée, gestion facile au quotidien.

🚀 Potentiel de croissance

Accueillir des investisseurs, lever des fonds, faire évoluer la structure.

⚖️ Un équilibre entre les deux

Un cadre structuré mais accessible, avec une possibilité d'évolution.

Votre résultat personnalisé

Basé sur vos réponses, voici les statuts juridiques les plus adaptés :

Affiner avec le simulateur complet

Micro-Entreprise vs Entreprise Individuelle : les différences clés

Ces deux statuts sont souvent confondus car ils concernent tous deux l'entrepreneur individuel. Pourtant, leurs régimes fiscaux et comptables diffèrent considérablement.

Micro-Entreprise

La micro-entreprise est un régime fiscal simplifié appliqué à l'entreprise individuelle. Elle n'est pas un statut juridique en soi mais un régime ultra-simplifié qui s'adresse aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d'affaires reste en dessous des plafonds réglementaires.

Plafonds de chiffre d'affaires (2026)

  • 188 700 € pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures, denrées alimentaires à emporter ou à consommer sur place, et prestations d'hébergement
  • 77 700 € pour les prestations de services commerciales ou artisanales, et les activités libérales

Le régime fiscal est dit micro-fiscal : les bénéfices imposables sont déterminés en appliquant un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). L'entrepreneur peut aussi opter pour le versement libératoire de l'impôt (prélèvement mensuel ou trimestriel d'un pourcentage du CA).

La comptabilité est réduite à sa plus simple expression : un livre de recettes et, pour les activités de vente, un registre des achats. Aucun bilan ni compte de résultat n'est requis.

⚠️ Conséquence du dépassement des plafonds

En cas de dépassement des seuils pendant deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel de l'entreprise individuelle classique. Vous perdez alors les avantages du micro-fiscal et du micro-social, et devez tenir une comptabilité complète.

Entreprise Individuelle (EI)

L'entreprise individuelle est le statut juridique de base pour l'entrepreneur qui exerce seul. Depuis la réforme du 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé : seuls les biens utiles à l'activité professionnelle peuvent être saisis en cas de difficultés.

Régime fiscal au réel

  • Imposition à l'IR par défaut (barème progressif), avec déduction des charges réelles
  • Option possible pour l'IS (impôt sur les sociétés) depuis 2022, sous certaines conditions — option irrévocable après 5 ans
  • Comptabilité complète obligatoire : bilan, compte de résultat, liasse fiscale annuelle

Contrairement à la micro-entreprise, l'EI au régime réel permet de déduire l'ensemble des charges (loyer, achat de matériel, salaires, frais de déplacement, amortissements…), ce qui est avantageux lorsque les charges représentent une part importante du chiffre d'affaires.

Le dirigeant d'une EI relève du régime TNS (Travailleur Non Salarié), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Les cotisations sociales sont calculées sur le bénéfice réel (et non sur le CA comme en micro).

💡 Bon à savoir

L'EI peut opter pour le régime micro tant qu'elle reste sous les plafonds. Il s'agit donc d'un même statut juridique avec deux régimes fiscaux possibles : micro ou réel.

Comprendre l'imposition des bénéfices : IR vs IS

Le régime fiscal est l'un des critères les plus déterminants dans le choix d'un statut juridique. Deux grandes options existent : l'impôt sur le revenu (IR) et l'impôt sur les sociétés (IS).

IR

Impôt sur le Revenu

L'entrepreneur est directement imposé sur l'ensemble des bénéfices de l'entreprise, qu'ils soient retirés ou non. Les bénéfices sont intégrés au foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'IR (de 0 % à 45 % selon les tranches).

Statuts concernés par défaut :

  • Micro-entreprise (obligatoirement IR)
  • EI (IR par défaut, option IS possible)
  • EURL (IR par défaut, option IS possible)

Avantages :

  • ✓ Pas de double imposition (bénéfice + dividendes)
  • ✓ Possibilité de compenser les déficits avec d'autres revenus du foyer
  • ✓ Intéressant si les revenus sont faibles (tranches basses)

Inconvénients :

  • ✗ Taux marginal élevé si gros bénéfices
  • ✗ Cotisations sociales calculées sur la totalité du bénéfice
  • ✗ Moins de possibilités d'optimisation fiscale
IS

Impôt sur les Sociétés

C'est la société qui paie l'impôt sur ses bénéfices. Le dirigeant est ensuite imposé personnellement uniquement sur la rémunération qu'il se verse et sur les dividendes éventuellement distribués. Cette séparation permet une meilleure gestion fiscale.

Statuts concernés par défaut :

  • SARL (IS par défaut)
  • SAS / SASU (IS par défaut)
  • • EURL et EI sur option

Taux en vigueur (2026) :

  • 15 % sur les bénéfices jusqu'à 42 500 € (taux réduit PME)
  • 25 % au-delà

Avantages :

  • ✓ Taux fixe prévisible (pas de barème progressif)
  • ✓ Pilotage possible de la rémunération et des dividendes
  • ✓ Possibilité de laisser les bénéfices en trésorerie à taux réduit

Inconvénients :

  • ✗ Double imposition partielle (IS + IR sur les dividendes)
  • ✗ Comptabilité plus lourde et coûts de gestion
  • ✗ Déficit non reportable sur les revenus personnels

📌 Option IR pour les sociétés soumises à l'IS : conditions à connaître

Les SARL, SAS et SASU, normalement soumises à l'IS, peuvent opter temporairement pour l'IR sous certaines conditions strictes. Cette option est limitée à 5 exercices maximum et nécessite que la société :

  • Ait été créée depuis moins de 5 ans
  • Emploie moins de 50 salariés
  • Réalise un CA ou un total de bilan inférieur à 10 millions d'euros
  • Ne soit pas cotée en bourse
  • Ait au moins 50 % de ses droits de vote détenus par des personnes physiques

Le régime social du dirigeant : TNS vs Assimilé Salarié

Le régime social détermine le montant de vos cotisations, votre couverture maladie, maternité, invalidité et retraite. C'est un critère souvent sous-estimé qui impacte directement votre net disponible.

Entrepreneur travaillant sur son projet d'entreprise

TNS Travailleur Non Salarié

Le régime TNS s'applique aux gérants majoritaires de SARL/EURL, aux entrepreneurs individuels et aux micro-entrepreneurs. Les cotisations sont globalement moins élevées qu'en assimilé salarié, mais la protection de base est moindre.

Cotisations sociales :

Environ 45 % du bénéfice net (variable selon les tranches). En micro-entreprise, elles sont calculées en pourcentage du CA : 12,3 % (vente), 21,2 % (services BIC), 21,1 % (libéral BNC).

Couverture sociale :

  • • Assurance maladie-maternité (régime général depuis 2020)
  • • Retraite de base et complémentaire (souvent moins favorable)
  • • Pas d'assurance chômage automatique
  • • Indemnités journalières en cas d'arrêt maladie (sous conditions)

Statuts concernés :

Micro-entreprise EI EURL (gérant associé) SARL (gérant majoritaire)

💡 Astuce : Les contrats Madelin permettent aux TNS de compléter leur couverture retraite, prévoyance et santé, avec une déductibilité fiscale des cotisations.

AS Assimilé Salarié

Le régime assimilé salarié s'applique aux présidents de SAS/SASU et aux gérants minoritaires ou égalitaires de SARL. Le dirigeant est affilié au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié, mais sans bénéficier de l'assurance chômage.

Cotisations sociales :

Environ 65 à 80 % de la rémunération brute (part salariale + patronale). Plus élevées que le TNS, elles offrent en contrepartie une meilleure couverture.

Couverture sociale :

  • • Assurance maladie-maternité complète (régime général)
  • • Retraite de base + complémentaire AGIRC-ARRCO (plus favorable)
  • • Pas d'assurance chômage (sauf cas spécifiques)
  • • Indemnités journalières plus avantageuses
  • • Prévoyance possible via le régime conventionnel

Statuts concernés :

SAS (président) SASU (président) SARL (gérant minoritaire/égalitaire)

💡 Bon à savoir : Si le président de SAS/SASU ne se verse aucune rémunération, il ne paie aucune cotisation sociale, mais ne bénéficie d'aucune couverture. C'est un point important à considérer.

Quel impact sur la rémunération nette ?

Pour une même rémunération brute de 50 000 €, voici l'estimation comparative des cotisations et du net disponible :

TNS (gérant majoritaire SARL)

Cotisations : ~22 500 € (45 %)

Net ≈ 27 500 €

Assimilé salarié (président SAS)

Cotisations : ~37 500 € (75 %)

Net ≈ 28 500 €*

*Calcul sur base brute employeur incluant les charges patronales

Ces chiffres sont indicatifs. Le calcul exact dépend de nombreux paramètres (tranches, situation personnelle, options fiscales). Un expert-comptable pourra réaliser une simulation précise.

Gouvernance et modes de direction

La structure de direction varie considérablement d'un statut à l'autre, influençant la prise de décision, la responsabilité et la flexibilité organisationnelle.

EI / Micro-Entreprise

Il n'existe aucune structure formelle de gouvernance. L'entrepreneur est seul décisionnaire : il dirige, gère et engage l'entreprise sans aucune obligation de tenue d'assemblées, de procès-verbaux ou de nomination d'organes de contrôle. Cette absence totale de formalisme est l'un des principaux atouts de ces statuts pour les petites activités.

Le revers : il est impossible d'accueillir un associé sans changer de forme juridique, et l'entrepreneur assume seul toute la responsabilité de gestion.

EURL / SARL

La direction est assurée par un ou plusieurs gérants, obligatoirement personnes physiques. En EURL, l'associé unique est souvent le gérant. En SARL, le gérant peut être majoritaire (>50 % des parts), égalitaire (50 %) ou minoritaire (<50 %), ce qui impacte directement son régime social.

Le cadre juridique de la SARL est très encadré par la loi : les pouvoirs du gérant, les règles de majorité en assemblée générale, les droits des associés sont largement définis par le Code de commerce. Les statuts offrent peu de marge de personnalisation. Les décisions importantes nécessitent la tenue d'assemblées générales ordinaires ou extraordinaires avec des quorums et majorités prédéfinis.

Cession de parts : soumise à un agrément des autres associés (en SARL), avec des droits d'enregistrement de 3 % (après abattement). Ce formalisme peut freiner l'entrée de nouveaux investisseurs.

Populaire

SAS / SASU

La direction est assurée par un président (obligatoire), qui peut être une personne physique ou morale. La grande force de la SAS réside dans sa liberté statutaire quasi totale : les associés définissent librement dans les statuts l'organisation de la gouvernance, les conditions de prise de décision, les organes de direction (directeurs généraux, comités, conseils…).

Cette souplesse permet d'adapter la structure à tout type de projet : startup avec investisseurs, holding familiale, joint-venture entre grandes entreprises… Les pactes d'actionnaires viennent souvent compléter les statuts pour encadrer les relations entre associés.

Cession d'actions : libre par défaut (sauf clauses d'agrément, de préemption ou d'inaliénabilité prévues dans les statuts). Les droits d'enregistrement sont de 0,1 % (bien inférieurs aux parts de SARL), ce qui facilite considérablement les entrées et sorties de capital.

C'est le statut privilégié pour les levées de fonds : les investisseurs préfèrent la SAS pour sa flexibilité, la possibilité de créer des catégories d'actions différentes (actions de préférence) et la facilité de transmission.

Formalités de création : du plus simple au plus complexe

Le coût et la complexité des formalités de création varient considérablement selon le statut choisi. Voici un récapitulatif pour vous aider à évaluer l'investissement initial nécessaire.

Le plus simple

Micro-Entreprise

La création se fait entièrement en ligne sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Aucune rédaction de statuts, aucune annonce légale, aucun capital à déposer.

  • ✓ Déclaration d'activité en ligne
  • ✓ Pièce d'identité + justificatif de domicile
  • ✓ Choix de l'activité et du régime fiscal

Coût : 0 € (totalement gratuit)

Délai moyen : 1 à 5 jours ouvrés pour obtenir le numéro SIRET

Simple

Entreprise Individuelle (EI)

Mêmes formalités que la micro-entreprise, puisqu'il s'agit du même statut juridique. La seule différence réside dans le choix du régime fiscal (réel au lieu de micro). Un dépôt au greffe peut être requis pour certaines activités réglementées.

Coût : 0 à 25 €

Modéré

EURL / SARL

La création d'une société implique des formalités plus structurées :

  • ✓ Rédaction des statuts (possibilité d'utiliser des modèles ou de faire appel à un professionnel)
  • Dépôt du capital social sur un compte bancaire bloqué (minimum 1 €)
  • Publication d'une annonce légale dans un journal habilité (~150 €)
  • Immatriculation au RCS via le guichet unique (~37 € pour les activités commerciales)
  • ✓ Déclaration des bénéficiaires effectifs (~22 €)

Coût total : 200 à 800 € (selon recours ou non à un professionnel)

Délai moyen : 1 à 3 semaines

Plus complexe

SAS / SASU

Les mêmes formalités que l'EURL/SARL s'appliquent, avec une attention particulière à la rédaction des statuts qui doivent être plus détaillés en raison de la grande liberté offerte. Il est fortement recommandé de faire appel à un avocat ou un expert-comptable pour les rédiger.

  • ✓ Rédaction des statuts (plus complexe, clause d'agrément, droit de préemption…)
  • ✓ Dépôt du capital social (min. 1 €, libération de 50 % à la création pour les apports en numéraire)
  • ✓ Publication d'annonce légale (~140 à 200 €)
  • ✓ Immatriculation au RCS
  • ✓ Déclaration des bénéficiaires effectifs

Coût total : 250 à 900 € (voire plus avec accompagnement juridique complet)

Délai moyen : 1 à 4 semaines

Les critères clés pour choisir votre statut

Votre choix doit refléter votre situation personnelle, votre projet et vos ambitions. Voici les 10 critères essentiels à évaluer avant de prendre votre décision.

1

Seul ou à plusieurs ?

Si vous souhaitez vous associer, vous devrez opter pour une SARL (2 à 100 associés) ou une SAS (2+ associés). Seul, vous avez accès à toutes les formes : micro, EI, EURL ou SASU.

2

Protection du patrimoine

Depuis 2022, l'EI protège automatiquement le patrimoine personnel. Les sociétés (EURL, SARL, SAS, SASU) limitent la responsabilité aux apports. Toutes les formes offrent désormais une protection, mais le niveau varie.

3

Régime social préféré

TNS si vous privilégiez des cotisations plus faibles (micro, EI, EURL, gérant majoritaire SARL). Assimilé salarié si vous préférez une meilleure couverture (SAS, SASU, gérant minoritaire SARL).

4

Régime fiscal souhaité

IR pour bénéficier du barème progressif et déduire les déficits. IS pour profiter de taux fixes et optimiser la rémunération. Le choix dépend de vos revenus personnels et du niveau de bénéfices attendu.

5

Nature et niveau de l'activité

Un CA limité oriente vers la micro-entreprise. Une activité avec des charges élevées nécessite le réel (EI, EURL, SARL, SAS). Certaines activités réglementées imposent un statut spécifique.

6

Perspectives de croissance

La SAS/SASU est la forme la plus adaptée pour accueillir des investisseurs, créer des catégories d'actions et structurer des tours de financement. La SARL est plus rigide à cet égard.

7

Simplicité de gestion

La micro-entreprise offre la gestion la plus simple. L'EI au réel requiert une comptabilité complète. Les sociétés impliquent des obligations annuelles (assemblées, dépôt des comptes…).

8

Transmission de l'entreprise

Les actions de SAS/SASU se cèdent plus facilement et à moindre coût (0,1 %) que les parts de SARL/EURL (3 %). L'EI nécessite la vente du fonds de commerce.

9

Seuils de CA prévisionnels

Si votre CA dépasse ou risque de dépasser rapidement les plafonds micro (77 700 € ou 188 700 €), il est plus judicieux de démarrer directement avec un statut adapté plutôt que de devoir changer en cours de route.

10

Cumul emploi-salarié

Vous souhaitez cumuler un contrat de travail avec votre activité ? En SAS/SASU, le président peut cumuler sous certaines conditions. En SARL, le gérant majoritaire ne peut pas être salarié de sa propre société.

Avantages et inconvénients de chaque statut

Chaque forme juridique présente des forces et des faiblesses. Voici une synthèse pour vous aider à peser le pour et le contre.

Avantages

  • Création gratuite et ultra-rapide (en ligne)
  • Comptabilité simplifiée (livre de recettes)
  • Pas de TVA sous les seuils de franchise (36 800 € / 91 900 €)
  • Cotisations calculées uniquement sur le CA encaissé
  • Pas de CA = pas de cotisations
  • Versement libératoire de l'IR possible
  • Patrimoine personnel protégé (depuis 2022)
  • Éligible à l'ACRE (exonération partielle)

Inconvénients

  • Plafonds de CA stricts (impossible de dépasser durablement)
  • Impossibilité de déduire les charges réelles
  • Pas de déduction de TVA sur les achats
  • Impossible de s'associer sans changer de statut
  • Pas de possibilité d'opter pour l'IS
  • Protection sociale de base limitée (TNS)
  • Crédibilité moindre auprès de certains partenaires

Aides et exonérations au démarrage d'activité

Le choix du statut juridique peut être influencé par les aides disponibles au moment de la création. Voici les principales à connaître en 2026.

L'ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d'Entreprise)

L'ACRE est le dispositif phare pour les créateurs d'entreprise. Il offre une exonération partielle des cotisations sociales pendant 12 mois (4 trimestres). Cette aide est accessible à tous les statuts juridiques, sous conditions.

Pour les micro-entrepreneurs :

Taux de cotisations réduits de 50 % pendant la première année. Exemple : 12,3 % au lieu de 24,6 % en vente.

Pour les sociétés :

Exonération partielle ou totale des cotisations selon le niveau de revenu, pendant 12 mois. Bénéficiaires : demandeurs d'emploi, bénéficiaires RSA, jeunes de 18-25 ans…

ARE Maintien de l'ARE

Les demandeurs d'emploi peuvent maintenir leurs allocations chômage partiellement ou totalement en créant leur entreprise. Le choix du statut impacte le calcul : en micro, les revenus sont estimés forfaitairement ; en société, la rémunération réelle est prise en compte.

ARCE Capital ARCE

Alternative à l'ARE, l'ARCE permet de recevoir 60 % de ses droits restants en capital, en deux versements. Particulièrement intéressant pour constituer le capital d'une société (EURL, SARL, SAS, SASU) et financer les premiers investissements.

L'importance de l'accompagnement professionnel

Le choix d'un statut juridique est une décision structurante qui engage l'avenir de votre entreprise. Bien que ce guide comparatif vous donne toutes les clés pour comprendre les différences entre chaque forme juridique, l'accompagnement par un expert-comptable ou un avocat spécialisé en droit des sociétés reste vivement recommandé.

Un professionnel pourra analyser votre situation personnelle (situation familiale, patrimoine, autres revenus, projets de vie), optimiser votre choix en tenant compte des impacts fiscaux et sociaux à court et long terme, et vous accompagner dans les formalités de création.

N'oubliez pas que le statut choisi n'est pas définitif : il est possible de faire évoluer votre structure (passage de micro à SASU, transformation de SARL en SAS, etc.), mais chaque changement implique des coûts et des formalités. Mieux vaut donc bien choisir dès le départ.

Questions fréquentes

Les réponses aux interrogations les plus courantes sur le choix du statut juridique d'entreprise.

Équipe d'entrepreneurs en réunion de travail

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